Revendications - intervention de l'aDAS



Quel symbole odieux… C’est ici, à la Tour des Finances, que les autorités royales et politiques ont décidé de fêter dix ans de lutte contre la pauvreté.

Faire la fête alors que (dans notre pays) la misère n’a cessé d’augmenter au cours de la dernière décennie ; faire la fête alors qu’il s’agit d’une défaite dont 20% de la population sont les victimes : quel cynisme, quelle indécence.

Il y a dix ans, un gouvernement arc-en-ciel (mêlant libéraux, socialistes et écologistes) a en effet décidé de supprimer la loi sur le minimex et de la remplacer par la loi sur un prétendu «droit à l’intégration sociale». A l’époque, il avait été claironné qu’avec la nouvelle législation… les allocataires des CPAS trouveraient une véritable autonomie, un bon accompagnement pour les aider, un  parcours d’insertion adapté, un véritable tremplin vers l’emploi afin de recouvrer des conditions de vie conformes à la dignité humaine.

Or à quoi a-t-on, au contraire, assisté ?


Lors de l’adoption de la nouvelle loi en 2002, le gouvernement avait promis de remonter le montant d’allocations jugées «vraiment trop basses»… d’au moins 10%. Or cette promesse n’a pas été tenue. Aujourd’hui, un allocataire émargeant au CPAS touche, au titre d’isolé, 800 euros par mois, soit 175 euros de moins que le seuil de pauvreté –qui, lui-même, est déjà le minimum minimorum.
Et en matière d’emploi ? 

Avec la nouvelle loi, les allocataires sont contraints d’intégrer les nouvelles formes du précariat imposé par le patronat avec l’aval perpétuel des responsables politiques –tous ces jobs à durée déterminée, payés au minimum, sans perspectives réelles de stabilité. En réalité, les allocataires constituent ainsi une armée de supplétifs, armée destinée à répondre aux besoins des entreprises «au nom de la compétition européenne», de la flexibilité, de la concurrence, et du cash flow…

Il y a dix années toutes les associations (qui ont pour vocation de défendre les droits des plus pauvres) avaient dénoncé la loi sur cette «désintégration» sociale. Toutes leurs craintes se sont malheureusement confirmées et l’avenir renforcera leur verdict : cette loi est un échec total, dont les autorités se gardent bien de faire une véritable évaluation.

Les inégalités se creusent, les CPAS sont assaillis de nouveaux demandeurs d’aide, les chômeurs voient désormais le montant de leurs allocations baisser plus vite et se retrouveront, à terme, obligés de se faire secourir par les Centre Publics d’Action Sociale.
On dira : un tel système n’est pas sensé. Au contraire. Car dans le même temps, les riches ne cessent d’accroître leurs patrimoines et les chefs d’entreprises de recevoir des déductions d’impôts qui mettent de plus en plus à mal les finances publiques. Sans citer les banquiers qui, eux, touchent le pactole (tout en persévérant à toucher le lotto).

Voilà la société dans laquelle on nous oblige à vivre.